
Comme nous l’avons dit, la connaissance sensible, très proche de la connaissance
vulgaire, est constituée par la sensation et la perception. Comment ? Les sens
permettent de prendre conscience de l’existence du monde extérieur et de notre
réalité physique. La réalité extérieure à l’esprit est donnée par les impressions que
l’individu ressent. Ces impressions forment la sensation. La sensation est donc une
donnée immédiate, floue, diverse, imprécise. Mais pour qu’il y ait connaissance, il
faut que l’intelligence intervenue pour clarifier les sensations qui sont des données
physiologiques.
Cette activité de l’intelligence constitue la perception qui est la forme supérieure de
la connaissance sensible. Il y a donc collaboration étroite entre le corps et l’esprit Le
seul problème lié à cette activité est le fait que le monde perçu par un individu n’est
pas le même pour tous. La perception est subjective ; elle dépend uniquement du
sujet percevant ; elle fournit donc des connaissances relatives, non universelles. Avec
elle, chacun a sa vérité. La vérité est plurielle, relative à l'individu.
Néanmoins, la connaissance sensible reste plus fiable par rapport à la connaissance
vulgaire, cet ensemble d'informations issues d’expériences vagues, formées à partir
des choses particulières. Ce sont des informations reçues de la croyance courante
héritée de l’opinion, des habitudes, des dogmes, des traditions.
Elles ne sont fondées sur aucune donnée démontrable. Le sens critique de la preuve
lui fait défaut. La connaissance vulgaire est subjective parce que, avec elle, le sujet a
ses propres convictions, ses propres informations et entretient l’illusion que ses
propres états de conscience représentent une norme absolue.
Par contre la connaissance scientifique opère une rupture avec les préjugés issus des
coutumes établies, de l’éducation, de la tradition, de l’esprit théologique et de toutes
autres formes d’attitude métaphysique. La science exige la liberté totale et
l’autonomie de l’esprit. L’esprit scientifique nécessite un dépassement: réel des faits,
des phénomènes sommairement observés pour les expliquer par la connaissance des
causes profondes. Il faut donc dépasser les apparences superficielles. Ainsi, il
implique un esprit critique aigu et une objectivité totale. Il repose sur le sens de la
preuve et le besoin de certitude objective. Les savants vérifient par des expériences
précises et répétées par amour de la rigueur.
A partir des caractéristiques fondamentales de la connaissance scientifique, on peut
tirer deux types de vérités : la vérité formelle et la vérité matérielle, toutes deux
issues de démarches rigoureuses différentes relevant c'e deux catégories de science
que sont les sciences formelles et les sciences expérimentales.